• Yvette

Notre arrivée en Équateur.


18/10 Après notre petit réveil sur la plage péruvienne, nous voilà rapidement à la douane, les formalités sont encore une fois les mêmes : services d'immigration puis douane. Nous serons interrogés à la douane sur les montants en espèces que nous transportons pour la première fois depuis que nous sommes sur le confinent sud américain, petite spécialité aussi, le service des douanes prend en photo le véhicule pour le dossier d'importation. Ici pas de contrôle sur les denrées alimentaires et pas de fouilles du véhicule, les agents des différents services sont tous très gentils. En quittant l'espace de douane, un dernier contrôle de police pour s'assurer que nous avons bien rempli toutes les formalités, les policiers sont souriants et ils nous posent même des questions sur notre aventure, admiratifs de notre long voyage en famille. Ce passage en douane nous laisse présager un excellent séjour dans ce pays qui nous semble au bout de quelques secondes tellement accueillant.



Notre joie sera de courte durée, si nous passons un premier contrôle de police sans soucis, nous croisons vers 15h sur la route E25 en direction de Naranjal le chemin d'un policier à moto qui nous demande de le suivre avec ses gyrophares allumés. Il nous fait ensuite nous arrêter au bord de la route en face d'un poste de police. Il veut d'abord les papiers du véhicule, puis il demande à Aurélien de le suivre au poste sans autre explication. Nous sommes tendu, nous ne comprenons pas ce qu'il se passe mais Aurélien descend du van et suit le policier. Il regrettera de ne pas nous avoir demandé de l'accompagner et nous de notre côté nous observons Aurélien s'engouffrer dans le bâtiment regrettant déjà de ne pas l'avoir suivi... les secondes paraissent des minutes ! les enfants s'impatientent alors que je sens en moi l'inquiétude grandir. Et si Aurélien ne revient pas, pourquoi est-il part là-bas, on ne nous avait jusque là jamais demandé de descendre du véhicule pour aller dans un poste sauf en Bolivie où nous avions alors fait l'expérience désagréable de la discussion avec un policier corrompu.


Après 10 longues minutes, je vois réapparaître le flic suivi d’Aurélien, le flic a toujours nos papiers dans la main et je vois qu'ils discutent, mais de loin je distingue la gestuelle anormale d’Aurélien et je comprends que ça ne va pas. Je ne comprends pas ce qu'il se passe, j'hésiterais presque à sortir du van avec les enfants pour aller voir ce qu'il se trame. Mais il y a beaucoup de circulation et déjà, arrêter comme cela aux bords de la route, je ne suis pas tranquille avec les enfants, je ne m'imagine donc pas traverser les deux voies toute seule avec les 3 enfants. Et il est, bien évidemment, hors de question de laisser les enfants seuls dans banana.


Le flic finit par tendre les papiers à Aurélien qui mettra plusieurs secondes à les lui faire lâcher. Aurélien revient en courant, le visage fermé et silencieux, il démarre banana et repart au plus vite, je range les documents vérifiant qu'il n'en manque aucun. Aurélien n'arrête pas de lancer des regards inquiets dans le rétroviseur, puis une fois que nous avons parcourus quelques kilomètres, il nous explique que le flic l'a conduit derrière le poste de police, qu'il a menacé de mettre notre van à la fourrière qui se trouvait juste là, à moins qu'on paye une amende de 250 dollars parce que notre véhicule n'était, soit disant pas au norme, pour l’Équateur. Quand nous avons croisé la route du flic, le van était entrain de faire une régénération du fap, un petite fumée blanche sortait du pot d'échappement. Aurélien a donc refusé expliquant que le véhicule était aux normes européennes et qu'il fait régulièrement une régénération du fap et que cette fumée blanche est tout à fait normal. Le flic ne veut rien entendre, Aurélien décide à ce moment de revenir à l'intérieur du poste de police alors que le policier l'obligeait à rester à l'entrée de la fourrière. Aurélien a essayé d'aller parler à quelqu'un d'autre dans le commissariat mais il a été vite rejoint par le flic qui lui a demandé de le suivre dehors. C'est alors qu'il a demandé une solution (sous entendu financière) pour régler leur désaccord, Aurélien a proposé au flic d’appeler le garage Fiat d'Arequipa pour qu'ils lui expliquent que cette fumée était normale, qu'elle n'allait durer que quelques minutes. Mais le flic n'en démord pas et il réclame 100 dollars pour "oublier l'affaire". Aurélien refuse de céder, le flic tend alors les papiers à Aurélien et lui dit sur un ton glaçant : "bien, maintenant tu vas partir, mais tu devras faire très attention à ta femme et tes enfants..." Aurélien a choisit alors de ne pas réagir, de tirer les papiers pour les reprendre et c'est là qu'il est revenu au pas de course.

Mon cœur bat à deux cents et j'ai une boule dans la gorge, un flic peut-il vraiment en vouloir à la vie de 3 enfants pour 100 dollars ! Nous arrivons déjà à Naranjal, Aurélien s'arrête, il veut absolument trouver une carte téléphonique, il faut qu'on appelle Francisco qui est arrivé dans sa famille à Puyo depuis quelques jours déjà. Je guette les voitures de flics la boule au ventre, je ne me rend pas compte si un flic peut commencer une vendetta sur la tête d'une famille française parce qu'on a refusé de céder à son intimidation, parce que clairement il aurait pu nous faire un pv si vraiment on était en tord. Aurélien revient quelques minutes plus tard, on reprend la route, Aurélien aussi a repéré les flics un peu partout dans ce village, il est presque 16h et il faut qu'on soit rapidement en sécurité.


Nous reprenons rapidement la route pour quitter ce village, puis nous nous arrêtons sur le côté vers un terrain de foot, j'ai vite d'envoyer un message à Francisco lui expliquant la situation, il m'a répondu en quelques mots: vous devez absolument arriver ce soir chez moi. Mais il est clair que c'est impossible, il nous reste 352km et nous ne voulons pas rouler dans ces conditions de nuit. Une petite mamie voisine vient alors à notre rencontre, nous lui expliquons notre mésaventure, elle n'est pas franchement étonnée. Elle nous explique alors avec beaucoup de gentillesse qu'il vaut mieux payer 20 dollars que de se retrouver menacé ainsi. Il faut que je vous avoue qu'en 11 mois de road trip nous n'avions jamais croisé un flic comme cela, si nous avions blagué sur les flics chiliens qui semblent sortis des films hollywoodien, ce flic nous a plus fait penser à un parrain de la mafia qu'à un acteur américain. Et il nous a laissé un sentiment de peur désagréable.

Pendant qu'Aurélien remercie la mamie, je découvre un spot ioverlander à quelques kilomètres plus au nord en prenant une déviation sur la droite, si au départ Aurélien n'a pas envie de nous rajouter des kilomètres, j'analyse que ce spot nous permettrait au moins de quitter cet axe où les contrôles de police risquent de s’enchaîner. Et surtout je n'ai pas vraiment d'autre spot pour dormir plus loin, nous prenons donc la direction du petit village d'Aguas Calientes.

Nous arrivons devant de petits bains thermaux bondés ! Nous avouons qu'à la première vue nous aurions envie de faire demi-tour, nous avions plutôt envie d'être au calme. Mais le patron vient nous trouver, il nous explique qu'aujourd'hui il y a la fête d'une sainte, qu'un groupe d'une église est venue passé la journée mais qu'ils vont repartir à la nuit tombée, il nous dit qu'en plus il y a déjà une famille française qui est justement entrain de se baigner. Nous décidons alors de nous garer. Nous allons passé la nuit là, le parking est sécurisé et nous espérons juste que tout se passera bien. Francisco n'est pas vraiment rassuré mais nous lui promettons de reprendre la route très vite le lendemain.


Nous enfilons alors nos maillots de bains, si nous voulons profiter des bains thermaux c'est maintenant, ils ressemblent plus à un centre aquatique qu'à un centre thermal comme on en a connu en suisse, les petites piscines sont bondées et des enfants courent de tous les côtés. Clairement avec notre peau blanche, nous ne passons pas inaperçus ! Des dizaine d'yeux nous dévisagent de la tête aux pieds et nous décidons de faire le tour pour trouver le bassin le moins rempli, alors que nous regardons de tout les côtés, nous voyons un grand gaillard, un peu plus blanc que les autres... courir en notre direction avec un large sourire ! Le papa français ? Nous apprenons qu'ils ne sont pas français du tout, il est argentin, et sa femme est colombienne, mais effectivement elle parle un peu français. Nous faisons donc la connaissance de Laura, Facu et leur enfant Antonia et Ema. Ils nous invitent à les suivre et nous nous installons tout les 9 dans un bassin d'eau chaude au milieu d'équatoriens qui nous dévisagent toujours autant....


Nous apprenons qu'ils sont là depuis plusieurs jours, que jusqu'à présent ils avaient toutes les piscines pour eux, mais que ce matin au réveil, ils se sont retrouvés entourés de camions et de bus ! Leur petite de deux ans n'arrête pas de nous regarder avec de grand yeux et de nous dire "mataron el chancho ! mataron el chancho!" qui se traduit : "ils ont tué le cochon, ils ont tués le cochon". Ils nous expliquent alors que quand les bus ont débarqué une centaine de personne est descendue, et en l'espace de 10 minutes ils avaient sorti des camions des poulets, un gros cochon qu'ils ont égorgés dans la foulée, pendant que certains étaient déjà assis à même le sol à éplucher des pommes de terres alorsque les autres personnes préparaient un énorme feu ! La scène surtout du cochon était particulièrement violente et les parents n'ont pas eu le temps de cacher les yeux de la petite qui reste toujours choquée huit heure plus tard... continuant son refrain "mataron el chanco!" en boucle !


Facu emmène d'ailleurs Aurélien, lui disant qu'ils sont encore entrain de cuire le cochon juste derrière leur bus ! J'observe Aurélien quitter les bains et j'ai juste le temps de me retourner que nous nous retrouvons avec Laura encerclées par dix équatoriens, les femmes ont disparu en un éclair...


On se regarde avec Laura, et nous décidons de parler en français et d'ignorer les regards qui sont maintenant insistant, et on sent les hommes se rapprocher. Très vite j'aurais le droit d'entendre : "je rêve de marier une femme française !" bien bien, je maudis déjà Aurélien d'être parti et de nous avoir laissé seules  là ! Je prend Liloane sur un genou et Kynan sur l'autre, et je répond amicalement que la femme française est tellement compliquée que ce n'est pas une bonne idée, il regretterait bien vite ! Mais ces quelques paroles ne semblent pas trop les refroidir , Laura vient à mon secours insistant sur le faite qu'une femme européenne ça coûte cher à entretenir, qu'elle se plaint tout le temps, etc . Bref désolé mesdames, mais pour éviter un rapprochement de ces messieurs dans cette petite piscine nous avons décrit la femme française comme la pire des épouses ! Tellement qu'on en aurait rit avec Laura dans ce bassin. Nos hommes sont vites revenus par chance, ils sont surpris du petit attroupement autour de nous, j'explique la situation a Aurélien qui se fera un plaisir d'en rajouter une couche en disant qu'il sait de quoi il parle puisqu'il a une femme française ! En tout cas, leur simple retour aura l'effet d'un gaz lacrymogène... en moins d'une minute nous avons le bassin pour nous !


Aurélien nous raconte qu'il vient de manger de la peau de cochon crue, je le regarde d'un air dégoûté ce qui amuse Facu qui nous avoue ne pas avoir goûté ! Contrairement à Aurélien lui sait dire non merci précisant au passage qu'il n'y a pas plus sale que de la peau de cochon et qu'il voudrait mieux qu'elle soit bien cuite ! On se demande déjà si Aurélien ne sera pas malade toute la nuit !


Nous ne voyons pas le temps passer, partis dans de grandes conversations autour de nos aventures respectives ! tellement que nous nous retrouvons seul dans les bassins et que le patron finira par venir nous rappeler qu'il doit fermer les bassins pour la nuit.


Le groupe religieux est toujours entrain de cuisiner, Aurélien part avec Facu, les enfants sont fatigués et avec Laura nous retournons chacune dans notre véhicule pour préparer à manger et doucher les enfants. Aurélien revient chercher une casserole, le groupe équatorien tient à nous offrir de la soupe ! Je regarde l'air amusé de Facu, je comprend déjà qu'ils ne vont pas prendre de soupe eux et je me dis aussi que je ne mangerais pas cette soupe ! Mais Aurélien lui fera honneur comme les enfants qui sont clairement moins retissent que moi et qui adorent goûter de nouveaux plats.


19/10 Petit déjeuner en compagnie de nos amis voyageurs


Nous passerons une nuit très calme et nous avons déjà oublié nos frayeurs de la veille. Nous avions prévu de décoller tôt mais Facu et Laura nous proposent de partager le petit déjeuner, les camions sont repartis à la nuit tombée et nous rapprochons banana de leur vieux bus scolaire jaune, les enfants n'arrêtent pas de jouer, et de courir et nous discutons vraiment super bien, du coup le temps passe et c'est un message de Francisco qui nous rappelle qu'il faut reprendre la route. Nous serions restés volontiers quelques jours avec cette charmante famille. Nous les quittons donc à 11h 39, nous sommes carrément à la bourre pour le coup !

Allez c'est parti pour 342 km ! Le gps annonce 5h13, Francisco nous dit qu'on sera chez eux dans 3h, j'ai un peu des doutes quand même ! On a jamais été plus vite que le temps indiqué par le gps et on est souvent plutôt arrivé deux fois plus tard que l'heure prévue par le gps ! Nous allons enfin découvrir la circulation ici, et surtout l'état des routes.


Et alors franchement nous ne nous attendions pas à un tel décor ! les montagnes verdoyantes, les routes qui montent et qui descendent, les volcans majestueux aux sommets enneigés ! Ce n'est pas du tout comme cela que nous  avions imaginé l’Équateur ! Mais c'est effectivement un grand bol d'air après les longs kilomètres de désert péruvien. Seul inconvénient c'est les routes sinueuses et les camions qui avancent lentement ! Nous avons très peu de visibilité et banana avec ces 3 tonnes 5 ce n'est pas une Ferrari, on ne peut pas vraiment doubler en côte. Nous arriverons finalement dans le village où notre ami nous a donné rendez-vous à 18h38 ! Soit 7 heures après notre départ, rien à voir avec les prévision du gps et pourtant nous ne nous sommes quasiment pas arrêtés , à vrai dire on s'est arrêté seulement une fois pour acheter des morceaux de cannes à sucre histoire de grignoter quelques choses. 

C'est avec beaucoup d'émotion que nous retrouvons notre ami, le témoin d'Aurélien à notre mariage, nous sommes émus et tellement heureux ! Il y a des retrouvailles qui font du bien et celle là elle n'a pas de prix ! Nous sommes tellement soulagés d'être enfin arrivés. Nous suivons Francisco qui nous conduit à la maison de son frère, le papa de Nancy qui nous avait déjà si bien accueillie au Paraguay. Elle nous avait dit qu'elle, ce n'était rien à côté de l’accueil que nous ferait son papa. Elle n'a pas menti, notre séjour en compagnie de la famille Rivadeneira restera à jamais gravé dans nos cœurs ! Mais nous vous raconterons tout ça dans les prochains articles !


Nous vous laissons sur cette dernière photo! Francisco nous a ramené du pont et du morbier, et ça c'est juste de l'or après presque un an de voyage !


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