• Yvette

Cueva de las Manos – Première grosse angoisse...


Cueva de las Manos – Première grosse angoisse...

28 et 29 mars 2018.

Nous avions promis de ne jamais conduire de nuit... le destin aujourd’hui en a décidé autrement... Après une pause repas à Bajo Caracoles, nous partons direction les fameuses cuevas de las manos, un des plus grand site archéologique reconnu mondialement, au même titre que les grottes de Lascaux en France. Nous avons près de 45 kilomètres de ripio qui nous attendent pour les atteindre ! Ici il fait beau, et comme toujours en Patagonie qui dit ciel bleu, dit vent violent ! Mais nous commençons à avoir l'habitude maintenant ! Le ripio n'est pas excellent, une fois encore nous avons le droit à la fameuse tôle ondulée, qui fait tout vibrer dans le van ! Le trajet paraît interminable et nous arrivons peu avant 17h au parc. Nous avions lu qu'il y a une visite toutes les heures, nous espérons qu'il n'y aura pas trop de monde à celle de 17h. Il y a un 4x4 wickedcamper et un bus. A l'accueil, ils nous annoncent que le bus va terminer sa visite et que nous visiterons avec un jeune couple. C'est presque une visite privée le top ! La guardia parque qui nous fait la visite est très sympathique, elle nous prévient de bien tenir les enfants, qu'ils pourraient s'envoler ! Nous croyons à une plaisanterie, mais on découvre très vite qu'elle a raison ! Le chemin qui nous conduit aux cuevas et en bordure de falaise et le vent est extrêmement violent ! On agrippe donc les enfants ! Même le grand !

Lors de la visite nous découvrons surpris que les peintures rupestres ne sont pas à l'intérieur des petites grottes mais à l'extérieur. Nous apprendrons que le peuple indigènes vivant ici il a plusieurs milliers d'années étaient nomade et qu'il passait dans ce canyon, le canyon rio pinturas, et les archéologues pensent que ces peuples ont commencé à laisser leurs empreintes comme pour dire "je suis passé par là". L'étude des empreintes a montré qu'il y avait aussi à l'époque plus de droitier que de gaucher ! Parce qu'il y a beaucoup plus de mains gauche que de droite peinte sur les falaises ! Nous découvrons aussi que les empreintes des mains étaient laissées ici selon un système d’aérographie avec de la peinture soufflée dans des os de nandou ! Ils utilisaient donc leur main droite pour tenir l'os et soufflaient la peinture à travers l'os sur leur main gauche. Nous pourrons observer des mains d'adultes mais aussi d'enfants ainsi qu'une main avec 6 doigts !

La guardia parque nous explique qu'ils faisaient leur peinture avec de la graisse animale, du sang et des minéraux obtenu avec les pierres de la région. Ils faisaient ensuite chauffer le mélange. Les archéologues ont découvert que cette technique étaient aussi utilisée en Afrique. Vous l'aurez compris la visite est fascinante ! La vue est grandiose sur le canyon, et on oublie vite le vent et le froid. Seul bémol à cette visite les énormes barrières qui nous tiennent à distances des peintures ! La guardia parque, nous amène jusqu'à une falaise qui a été « pillée », des personnes mal attentionnées ont essayé de partir avec des roches peintes. Depuis cet événement il y a une vingtaine d'année, le gouvernement à fait installer les barrières et des guardia parque garde le site 24h sur 24h. Elle nous apprends que tout le canyon contient des peintures et qu'un projet de parc national est en cours de discutions avec les propriétaires terriens de la région.

Nous sommes ravis de la visite et prenons le chemin retour, nous découvrons que des bus viennent d'arriver, et c'est près de 60 personnes qui visitent le site maintenant ! Les croisements sont donc calculés et synchronisés par radio. Nous sommes donc drôlement chanceux ! Nous avons eu le droit à une vraie visite privée pour le coup. Nous faisons un tour du centre d'information avant de demander à un autre guardia parque si c'est possible de dormir sur le parking. Il nous explique que non mais il nous montre deux emplacements au dessus du canyon, mais les places sont à flan de falaise et nous nous voyons pas dormir là avec le vent qui souffle terriblement ici. Nous demandons alors conseil au Guarda parque pour savoir quel route prendre pour nous rendre à Perito Moreno (la ville). Il est alors 18h30, et nous pensons avoir largement le temps d’arriver en ville avant la nuit. Il nous dit que nous pouvons prendre la route sur la droite entre la routa provinciale 101 et la routa 40. Cependant il ne nous a pas averti que cette route nous conduirait en bas du canyon Rio pinturas par une descente vertigineuse ! Nous le découvrirons quelques centaines de mètres après avoir bifurqué sur la droite, nous nous faisons la réflexion que c'est la première fois que nous voyons un panneau annonçant une forte descente ! Nous espérons juste que c'est comme pour les virages, qu'ils exagèrent ! Puis qu’ici c'est vrai le moindre petit virage est signalé par un panneau. Plus nous approchons du canyon, plus on se dit que nous allons passer sur un pont, mais quand nous constatons que la route descend jusqu'en bas, il est déjà trop tard pour essayer de faire demi-tour. Alors oui la vue est muy expectacular mais quand nous constatons que la côte de l’autre côté est exceptionnelle pentue pour en ressortir et que pour rien arranger une caravane et une voiture sont plantées au beau milieu de cette côte nous sentons déjà les problèmes arriver!

Et oui vous vous en doutez, malgré un bon élan, banana patinera à moins de 300 mètres de la fin de la côte, alors que nous avions réussi à contourner la caravane et la voiture. Nous découvrons les proprio blottis à l’intérieur, ils attendent depuis plus de 3h une dépanneuse de Perito Moreno. Et le pire c’est qu’on apprend qu’elle est venu chercher de l’aide à la cueva de las manos. Nous sommes un peu contrarié, le Guardia parque aurait quand même pu nous avertir qu’il y avait un véhicule en difficulté sur cette route et que si nous n’avons pas de 4x4 ce n'est pas une bonne idée de passer par là ! Bon le fait est que nous voilà coincé en côte. Et on doit dire que le frein à main de banana nous joue des tours depuis 2-3 jours. Aurélien reste donc avec le pied sur le frein. Pendant que j’essaie d’analyser le terrain. Le proprio de la caravane cale deux pierres derrières les roues de banana avant même que nous analysions la situation ! Nous voilà avec des cailloux nous empêchant de redescendre pour prendre de l’élan. Mais le gars nous explique que c’est trop dangereux de reculer en freinant nous pourrions partir de travers et nous retrouver dans le fossé d’un côté et le ravin de l’autre.

Nous voilà à attendre le fameux dépanneur, mais déjà on se demande quel genre de dépanneur va venir et si ce dernier sera capable de nous sortir de la nous avec nos 4 tonnes. Alors que la nuit tombe gentiment , que le froid s’installe, je pars explorer la route pour voir ce qui nous attend plus haut. La route monte encore sur plusieurs centaines de mètres... va falloir beaucoup d’élan pour monter. Nos compagnons d’infortune qui sont partis de la Plata pour le Chili, viennent de prendre la carretera australe et ils nous disent que le ripio est très mauvais là-bas. Eux avec leur 4x4 qui n’a de 4x4 que le look ! Puisque c’est une traction avant, ils ont préféré partir avec des excursions 4x4 plutôt qu’avec leur véhicule, et notamment pour aller voir les cathédrales de Marmolle que nous voulions faire. Au même moment nous voyons un vieux van gris descendre dans la côte ! Nous leur faisons des signes pour qu’ils s’arrêtent et notre ami argentins part aussitôt mettre deux caillasses sous leurs roues ! Nous voilà tout les trois bloqués dans la même côte !

Le passager du van vient à notre hauteur et nous dit « alors on est bloqué ! » nous découvrons deux jeunes Français super cool et bien sympa ! Mais pas le temps de faire trop connaissance que voilà le dépanneur ! Bon on est tous d’avis que c’est sûrement pas un 4x4 et que la probabilité qu’ils nous sortent de là est minime. Les 2 français se demandent si ils arriveront eux à monter la côte de l’autre côté ! Le dépanneur est un peu perdu au milieu de toutes ces voitures stoppées dans la côte ! Nous lui expliquons la situation. Il propose aux argentins de commencer par décaler leur pick up. Et il propose au deux jeunes d’essayer de monter la côte de l’autre côté pendant qu’il dépanne la caravane. Et si ils restent bloqués en face, il viendra les aider ensuite. Pour ce qui nous concerne, il nous annonce qu’il n’a pas un 4x4 comme on aurait pu s’en douter, et qu’il pourra pas nous tirer. Nous saluons les français qui partent plein d’espoir à l’ascension de l’autre versant du canyon. Ils arriveront non s'en peine au bout de la côte ! Et nous sommes heureux pour eux. Le dépanneur s'occupe déjà de mettre la caravane sur sa dépanneuse, ils manqueront de la faire se renverser à plusieurs reprises ! La nuit est bien tombée, nous sommes un peu dans le désarrois. C'est l'angoisse ! Les enfants sont calmes par chance, Kynan s'est endormi, mais c'est compliqué d'imaginer passer la nuit ici. Il n'y a pas de réseaux, nous sommes en pente donc ça va être compliqué de dormir, Aurélien doit rester avec le pied sur le frein, et sa jambe commence à se tétaniser ! Aurélien décide donc, que quand ils auront dégagé la caravane, nous essayerons de descendre au bas du canyon. Pour pouvoir être à plat pour la nuit, et aussi parce que là nous nous trouvons à la sortie d'un virage et vu qu'on est vendredi soir, nous avons peur que la route devienne un terrain de jeux pour des pilotes de rallye amateur. Ici c'est certain nous risquons le sur accident. Aurélien me demande d’aller demander le numéro du dépanneur pour que nous puissions lui demander de nous envoyer de l'aide si d'ici à demain nous n'arrivons pas à sortir du canyon. Aurélien espère que le lendemain matin, sans obstacle dans la côte nous arriverons à la gravir !

C'est comme un cauchemar ... Je n'ai aucune envie de passer la nuit là... Mais c'est compliqué, nous essayons de ne pas trop stresser les enfants. C'est alors que je vois des phares descendre dans le canyon, nous avons un petit espoir que ce soit un 4x4. Mais dans tous les cas, il faut aller les prévenir de ne pas monter maintenant, les dépanneurs sont encore entrain de fixer la caravane. Je descend donc au pas de course en bas de la côte, avec les phares en plein dans les yeux, j'ai de la peine à distinguer le véhicule. C'est seulement en arrivant à la hauteur de la voiture que je découvre que se sont les deux jeunes allemands avec qui nous avions visité les grottes ! Je leur explique que nous sommes plantés dans la côte depuis plus de 2 heures maintenant ! Ils m'expliquent qu'ils s'étaient installés pour la nuit là où les guardia parque nous avaient dit de dormir, mais qu'avec le vent et dans leur tente de toit, ils avaient décidé de reprendre la route ! C'est d'ailleurs la première fois qu'ils roulent la nuit ! Bon j'avoue j'ai peu d'espoir qu'avec leur mini 4x4 ils arrivent à nous sortir de là mais je demande quand même ! Ils veulent bien essayer, c'est un 4x4 de location, ils non donc pas vraiment peur de faire ronfler le moteur pour tirer nos 4 tonnes par contre ils n'ont pas de sangle mais heureusement nous nous sommes équipés ! Dans le même temps le gars du dépannage passe devant nous avec la caravane, il s'arrête à ma hauteur pour me dire que c'est bon j'ai trouvé de l'aide je luis dit que je suis pas sûre qu'ils arrivent à nous tirer mais lui il est pressé et il file déjà faire son demi tour, j'aurai tout juste le temps de prendre en photo sa camionnette pour avoir son numéro au cas où ! Je remonte au pas de course prévenir Aurélien, mais quand il voit arriver le 4x4 des allemands il est pas trop convaincu !

Mais j'insiste pour que nous essayions et pour que nous puissions au moins enlever les cailloux derrière nos roues ! A la première tentative, nos nouveaux amis allemands calent, mais banana semble avoir bouger. Je cours donc retirer les pierres et nous retentons notre chance ! Difficile de synchroniser les deux véhicules ! Le 4x4 part trop vite et son avant se soulève dangereusement ! A tel point qu'on commence à se demander dans quel mesure il ne va pas finir par se renverser ! Mais banana avance un petit peu à chaque fois, donc nous ne nous décourageons pas et nous persistons ! C'est difficile de faire garder la sangle tendue, je mélange l'espagnol, l'anglais et même le Français ! L'allemand finira par me dire « if you speek french i don't unterstand ! » Ok ! C'est assez sport pour moi je cours d'une voiture à l'autre... Mais finalement au bout de 5 minutes d'effort de coordination, nous arrivons enfin à trouver le rythme permettant au 4x4 de donner la petite impulsion qui manque à banana pour passer les poches de sables... Et petit à petit nous voilà passant le virage, puis la fin de la côte ! Je suis en nage mais soulagée, nous ne dormirons par dans le canyon Rio Pinturas !!! OUF...

Les allemands sont d'accord de nous suivre et de nous aider jusqu'à ce que nous retrouvions la ruta 40 une vingtaine de minutes plus tard ! Nous voilà soulagés, nous n'avons même pas une bière à leur offrir pour les remercier ! Mais nous devrions nous recroiser plus tard, ils prennent la direction du Chili, mais ils vont passer un paseo plus au sud que nous. Nous les quittons donc, et prenons la route direction Perito Moreno. Nous ne sommes pas vraiment serein de rouler en pleine nuit, nous ne croiserons pas grand monde, mais le peu de véhicule croisé, nous nous rendons compte que les gens roulent vraiment vite et qu'ils coupent les virages. Par chance nous avons une bonne visibilité sur cette route. Nous verrons d'ailleurs rapidement les lumières de la ville. Nous ne tergiversons pas pour trouver un spot et nous allons directement à la station YPF. Elle est en plein centre ville, et ça va être bruyant mais tant pis. Nous sommes à la fois exténués et tellement stressés par notre aventure qu'il ne sera pas facile de trouver le sommeil. Les enfants n'auront pas demandé leur reste et ils partent directement se coucher alors que nous n'avons même pas mangé. Jusqu'ici nous avions bien rigolé, un ensablement, un deuxième puis la crevaison, ça faisait partie de l'aventure ! Mais aujourd'hui l'idée d'être bloqués en pente, c'est une autre dimension. C'est pas juste on attend qu'on vienne nous sortir de là, c'est être coincé de manière inconfortable au beau milieu de nulle part, en y ajoutant le vent, le froid et le risque de sur accident, nous venons à la conclusion que oui on a envie de découvrir ce continent mais que non nous ne voulons pas mettre notre vie et celle des enfants en danger ! Nous nous promettons donc d'être plus vigilants dorénavant, et surtout de mieux nous informer ! Mais bon si le guardia parque n'est pas fiable, qui l'est ? Nous avons prévu de continuer direction la carretera australe et nous aimerions plus particulièrement voir les cathédrales de marmols. Nous allons nous renseigner pour savoir comment est la route entre Chile Chico et les cathédrales et surtout comment elle est ensuite cette fameuse carretera australe ! Le matin nous ne réveillons pas très en forme, la nuit à été bruyante et peu reposante. Aurélien aimerait que nous trouvions un terrain de foot pour que les enfants puissent se défouler un peu. Nous allons donc nous renseigner à l'office du tourisme. Nous découvrons que les responsables ne savaient même pas que la route pour aller aux cuevas était si mauvaise. Nous constatons donc que même ici, pas facile de trouver des gens fiables ! Je me rend compte en lisant les messages laisser sur notre page facebook hier soir, que d'autres familles ont vécu la même expérience lors de leur voyage ici en camping car ! Je me promet donc de mettre un warning très vite sur l'appli ioverlander pour prévenir les futurs aventuriers ! Nous partons ensuite vers le terrain de foot qu'elles nous ont indiqué à l'office du tourisme. Aurélien part entraîner les petits pendant que je profite d'une bonne douche chaude ! Nous venons de faire le plein d'eau à la station essence, et nous projetons d'y retourner et refaire le plein avant de reprendre la route... C'est agréable de pouvoir en profiter tranquillement de cette douce pour me remettre des émotions de la veille ! Nous prenons ensuite la route direction de Los Antiguos, la dernière ville d'Argentine avant le Chili. Nous nous garons au bord du lac, face aux terrains de jeux. Les enfants profitent de jouer dehors, ils font alors la connaissance d'un adorable petit garçon qui essai de leur parler Français mais il dit des mots en anglais ! Le seul mot en Français qu'il répète aux enfants c'est « la tour Eiffel ! » Aurélien fait connaissance avec son papa et ils passeront la fin de l'après-midi à discuter pendant que les enfants jouent. Aurélien ne nous voit pas dormir ici, nous les quittons donc en leur expliquant que nous allons chercher un coin tranquille pour la nuit ! Mais avant de partir nous offrons au petit garçon une petite tour Eiffel ! Il est trop heureux ! Nous sommes ravis qu'un si petit cadeau puisse le rendre si heureux ! Nous nous mettons en route et tournons dans le village, la station YPF est en plein centre et il n'y a pas vraiment de place pour se stationner. Il y a une deuxième place mais un Food truck vient de s'installer. Il risque d'y avoir du monde toute la soirée. Résultat après avoir tourné en rond pendant 30 minutes, nous retournons devant le terrain de jeux au bord du lac, pour le plus grand bonheur des enfants qui retournent jouer. Je nous prépare à manger quand une voiture se gare à notre niveau. C'est le papa du petit garçon qui veut nous offrir des empanadas pour nous remercier pour la tour Effel. Nous sommes tout gênés, nous l'avions fait spontanément et nous n'attendions rien en retour ! Mais il insiste et nous ramène donc une douzaine de gros empanadas !

Nous nous régalerons donc pour notre dernière soirée en Argentine, le lendemain nous devons repartir direction le chili. Je vous réserve pour le prochain article nos premiers ressentis sur la fameuse carretera australe !

Une chose est sûre on se souviendra longtemps de ce canyon !!! le fameux canyon Rio Pinturas !


213 vues

© 2023 par Tiliky-trip . Créé avec Wix.com

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux en cliquant directement sur les petites icônes.

  • b-facebook
  • @tiliky_trip