• Yvette

Bye Bye Puyo- Ascension du Chimborasso

7/11/2018


Après avoir quitter le paseo de los monos à la nuit tombée, nous retrouvons Lucho dans sa maison pour une dernière soirée à Puyo avant notre départ. Lucho est triste parce que Anita est absente, elle est partie rejoindre sa fille aînée à Riobamba pour l'aider à réviser pendant sa période d'examen. Et il sait qu'Anita sera vraiment peinée de ne pas avoir pu être là pour nous dire au revoir. Nous le sommes également, et il se trouve qu'Anita est dans une ville qui est entre Puyo et Guayaquil, notre prochaine destination. C'est effectivement de là que nous partirons pour les Galapagos. Aurélien qui est un peu pressé comme à chaque fois que nous avons un nouvel objectif ! Accepte tout de même que nous faisions une pause en chemin pour dire au revoir à Anita. En attendant en l'absence de cette dernière, Lucho nous prépare une dernière spécialité locale, un poulet cuit dans des feuilles, et si nous avons des doutes sur la recette et proposons d’appeler Anita, il rigolera nous avouant que cette recette c'est lui qui l'a apprise à Anita ! Décidément Lucho est un homme plein de ressources et de surprises ! Parce que nous n'aurons jamais mangé un poulet aussi bon, la cuisson dans la feuille apportant une saveur particulière. Nous passerons une magnifique soirée, avec une profonde mélancolie, cette maison où le bonheur, la simplicité, le partage et les rires sont omniprésent va terriblement nous manquer. Nous nous sommes rarement sentis accueillis comme cela, comme si nous faisions partie de la famille. Et pour les enfants aussi, il est très difficile de partir ! Je crois qu'ici ils auraient pu rester vivre sans soucis ! Et nous y avons sérieusement pensé et je crois qu'à une année près nous aurions vraiment pu sauter le pas, et décider de rester vivre en Équateur. Mais depuis janvier 2018 une nouvelle loi sur l'immigration a été votée et il est beaucoup moins facile d'immigrés et surtout beaucoup plus cher.



Le lendemain matin nous quittons Puyo avec beaucoup de tristesse, sous une pluie torrentielle. Ces deux dernières semaines il a plu tout les jours, et personnellement je commence à en avoir un peu ras le bol, la sensation d'humidité est multipliée et personnellement je préfère la chaleur et les temps secs. Je crois d'ailleurs que la pluie, les insectes et les araignées font que personnellement je ne pourrais pas vivre ici. Et ces pluies intenses ne sont pas l'idéal pour le van, après les chaleurs du Pérou, nous découvrons en roulant que nous avons une fuite au niveau de la porte latérale, qui fait que le signal "porte ouverte" s'allume et s'éteint sans cesse. Il va falloir une journée au sec, pour qu'Aurélien investigue le problème et refasse les joints du van. Nous retrouvons après un mois à Puyo et ses environs les contraintes de voyager avec une maison roulante.


Nous avons quitté Puyo en fin de matinée, et nous nous arrêterons en chemin pour manger dans un petit restaurant au bord de la route, puis nous arriverons à Riobamba en milieu d'après-midi. Mais avant de faire la surprise à Anita, nous nous arrêtons sur un parking pour faire l'école à la maison. En ce moment Aurélien rencontre beaucoup de difficultés avec Titouane qui trouve toujours des excuses pour remettre les exercices à plus tard. Mais au final, Aurélien se rend compte qu'à la fin de la semaine il a fait une seule leçon sur les 10 qu'il aurait du faire. Nous faisons seulement le math et le français. et si Liloane et Kynan font volontiers une double page de français et une double page de math, Titouane lui, n'accepte même plus de faire un exercice de français. Et cette situation commence vraiment à nous peser et à remettre en question le voyage, nous nous rendons compte que depuis une année, il est loin d'avoir finit le programme, alors que Liloane a finit son CP et quasiment son CE1.


Aurélien passera donc la moitié de l'après-midi a discuter avec Titouane qui se mure dans le silence, difficile de savoir si il veut rentrer en France, ou si il est simplement devenu fainéant. Le fait est que nous devons quand même penser à son avenir, et nous sommes quand même inquiets, nous nous interrogeons sur l'endroit où nous aimerions rester vivre, mais il faut quand même que les enfants puissent eux aussi s'épanouir, grandir, travailler et apprendre. Et là nous sommes conscient que Titouane est arrivé à un stade où il ne veut plus travailler. Nous essayons même de le menacer de le mettre dans un avion pour la France pendant que nous nous allons aux Galapagos mais même à cela il ne réagit pas. L'adolescence ? on se le demande mais cela nous parait quand même tôt ! Une seule certitude pour nous, les enfants sont des enfants, même à l'autre bout du monde, même dans un voyage extraordinaire ! Les moments magiques, n'enlèvent pas les tracas du quotidien et n'évitent pas les phases de rébellion ! Il va juste falloir qu'on trouve une solution pour qu'au moins il arrive a exprimer pourquoi il ne veut plus du tout travailler.


Nous finissons par retrouver Anita, en laissant Titouane dans le van, elle est tellement heureuse de nous revoir, mais elle est aussi surprise que nous ayons laisser Titouane seul en bas de l'immeuble où se trouve l'appartement d'étudiant de sa fille. Nous sommes nous même préoccupés, déjà parce que nous n'aimons pas le savoir seul dans le van, mais aussi parce que nous avons l'impression qu'il n'est pas bien, nous voulons le faire sortir de sa carapace et nous confions à Anita nos difficultés. Anita finira par descendre pour faire le médiateur entre nous et Titouane. Et finalement il finira son travail pour pouvoir  remonter avec Anita. Quand sa fille rentre de l'université, nous les invitons à manger des pizzas dans banana. Puis à la nuit tombée, nous allons sur le parking d'une station essence, les filles ne sachant pas vraiment nous dire si nous pourrons passer une nuit calme dans la rue.


8/11/2018


Le lendemain, nous serons réveillés tôt par les allées et venues des camions à la station d'essence, puis nous retrouvons Anita, sa fille aînée, mais aussi Julia et Lucho qui nous ont rejoint depuis Puyo pour nous emmener au sommet du Chimborazo ! le plus haut sommet d’Équateur ! Nous nous rejoignons d'abord dans un petit restaurant de la ville pour déguster le plat traditionnel nommé hornado, un plat de porc servi avec des bananes plantains et le fameux maïs blanc.

Ici, nous retrouvons les traditions ancrées, comme en Bolivie, les anciens sont en tenues traditionnelles poncho et panama. Nous avons été surpris de découvrir que la ville de Puyo se trouve à quasiment 1000m d'altitude, celle de Riobamba à 2750m et nous allons monté jusqu'à 5000 mètres pour apercevoir le sommet du Chimborazo . Nous montons doucement, les moteurs peines, tant celui de banana, que celui du vieux pick-up de Lucho.


L'oxygène se raréfie et nous serons obligé de nous stopper à quelques kilomètres du parc national pour laisser refroidir le moteur de Lucho. Il y a un brouillard à couper au couteau, et nous sommes déjà à plus de 4000 m d'altitude, nous pouvons apercevoir entre la brume des vicunas ou vigognes en français, ces petits lamas au pelage doré.


Puis nous voilà à la base du volcan, nous n'en apercevons rien dans cet épais brouillard, mais nous avons bon espoir de le voir se dégager durant notre ascension. Nous laissons banana au parking inférieur, alors que nous montons tous dans le pick-up de Lucho pour atteindre le sommet supérieur à 4m830 mètre tout de même !


Bien évidemment nous n'allons pas monter au sommet qui se trouve à 6384,687 km soit deux kilomètre plus haut que le mythique Everest par rapport au centre de la terre ! Pour accéder à son sommet il faut être guidé, accompagné et équipé comme un alpiniste. Nous, simple touristes, pouvons rejoindre le premier refuge à 5000m d'altitude.



Autant dire que le Chimborazo, comme toutes les hautes montagnes, se mérite. Ici de nombreux alpinistes ont perdus la vie comme en témoignent les stèles qui longent le kilomètre qui nous sépare du refuge. Autant dire qu'à cette altitude, un kilomètre et quelques 120 mètres de dénivelés vont déjà s’apparenter pour nous à un exploit. Le souffle court, la tête qui tourne sont autant de symptômes qui nous rappelle que le mal des montagnes nous guette.


Les vicunas, peu farouche nous accompagne le long de l’ascension, un chemin de pierre et de sable rose, Kynan remplis ces poches de gros cailloux légers qui nous rappellent que nous sommes sur le flanc d'un volcan, ici aucune végétation. C'est réellement un paysage lunaire. Il nous faudra une heure pour gravir ce kilomètre ! Nous distinguerons à peine le sommet ! Et nous nous arrêtons au refuge pour reprendre des forces, un bon chocolat chaud pour se réchauffer et quelques gâteaux pour faire le plein d'énergie avant d'entamer la descente. Et si nous somme déçus de ne pas voir le brouillard se dissiper, nous sommes quand même fiers de l'exploit ! Nous n'aurons pas forcément la chance de refaire un tel effort avec les enfants ! Ils sont courageux et ils aiment toujours autant marcher et nous sommes heureux d'avoir pu monter jusqu'ici avec eux. En entamant la descente, Kynan se plaint d'avoir mal a la tête, probablement dû à l'altitude , Lucho décide donc de le prendre sur ces épaules.



Il nous faudra autant de temps pour descendre que ce qu'il nous a fallu pour monter. Kynan est malade, maux de tête et nausée, le mal des montagnes le guette vraiment. Nous décidons donc de reprendre la route malgré leur tardive, 16h. Nous ne voulons pas prendre le risque de devoir redescendre en pleine nuit. Nous quittons donc ici Lucho et Anita, et leurs filles, qui retournent eux direction Puyo. Nous sommes très tristes de devoirs leur dire au revoir, ils nous ont merveilleusement bien accueillis ici durant 3 semaines. Nous ne saurons jamais assez comment les remercier de nous avoir chouchouté et d'avoir pris soin des enfants pendant notre séjour en Amazonie. Ils nous ont fait découvrir la vie ici, les traditions équatoriennes, les bons petits plats, les secrets de la terre, et des plantes. Nous avons vécus grâce à eux une expérience unique et magique que nous n'oublierons jamais.





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