• Yvette

Découverte de l'Amazonie

30/10/2018


Aujourd'hui Lucho est parti travaillé mais Anita nous propose de nous emmener visiter le jardin botanique de Puyo. Et pour une raison bien obscur alors que nous voyageons en Amérique du sud depuis un an, nous décidons d'y aller en mode "touriste" : T-shirt, short, casquettes et même tongs... nous voilà en milieu d'après-midi dans la voiture d'Anita qui nous conduit à la sortie de la ville. L'entrée du jardin botanique est fermée, et un numéro de téléphone est à disposition. Anita appelle le responsable pour nous, il est actuellement entrain de terminer une visite, il lui faut encore une demi-heure et en sachant que la nuit tombe à 17h, il nous propose plutôt de revenir le lendemain. On est embêté à l'idée d'avoir fait faire la route pour rien à Anita et nous demandons si il ne serait quand même pas possible de visiter cette fin d'après-midi même si c'est pour une visite express. Le monsieur accepte, et nous attendons donc devant le portail. Il viendra nous ouvrir 10 minutes plus tard pour que nous puissions déjà visiter le musée pendant qu'il termine avec ces visiteurs. Autant dire que nous comprenons à son regard que nous avons fait l'erreur de venir en "touriste". Il nous demande si nous n'aurions pas au moins des baskets ? Nous comprendrons notre erreur de débutant en voyant sortir le groupe de biologiste de la forêt : chaussures de randonnées montantes, pantalons et chemises épaisses avec de longues manches. Ils nous dévisagerons eux aussi de la tête aux pieds ! A cette instant je me dis que nous ferions peut-être mieux de rentrer et de revenir le lendemain mieux équipés ! Mais Aurélien est confiant, nous entamons donc la visite du musée, ATTENTION âme arachnophobe s'abstenir....

Autant dire que pour moi qui suis arachnophobe, et phobique de la moindre bête avec des petites pattes, rien que la visite du musée est une torture, je transpire à la vue des araignées, espérant qu'elles ne vivent pas de le "jardin botanique", entre guillemet parce que nous comprendrons vite, qu'il ne s’agit pas d'un jardin botanique comme l'imaginions, oubliez les petites allées pavées et les petites barrières qui séparent visiteurs et nature ! Le guide vient nous rechercher et il nous explique qu'il a recréé une forêt primitive, il est très instructif et passionnant jusqu'à ce qu'il nous annonce que depuis quelques années, il a vu réapparaît dans ce biotope des espèces d'araignées qu'ils pensaient disparues ici en Équateur ! Bien j'essaie donc de ne pas commencer à hyper ventiler ! Il nous explique que la semaine dernière il a accueillit deux jeunes français qui sont venus pour une visite de nuit, spécialement pour photographier les araignées ! Il nous explique qu'elles sortent dès que le soleil se couche! Vous l'aurez compris, je prie déjà pour que nous ressortions de la forêt avant que la nuit tombe!

Et vu que cette visite s'annonce mémorable, il nous annonce également qu'ils ont croisés avec le groupe de biologiste une espèce de fourmis carnivore qui dévore tout sur son passage, il paraît qu'ici quand elle arrive sur une propriété les gens abandonnent la maison pendant plusieurs jours, et lorsque qu'ils reviennent elles ont mangés tout les êtres vivant qui y sont restés ! Il nous dit que c'est d'ailleurs pour cela que nous aurions dû venir en baskets ! Voilà, déjà que nous avons mis plusieurs heures à se remettre des piqûres de fourmis à Sucua, je sens que nous allons encore transpirer aujourd'hui.


Nous nous enfonçons donc dans cette forêt primitive, au milieu des lianes et de la végétation dense, nous aurions pu voir plusieurs sortes d'orchidées natives mais malheureusement à cette saison elle ne sont pas en fleur. Nous écoutons attentivement les explications de notre guide, tout en suivant le petit chemin de terre qui serpente, nous croisons quelques mille-pattes étranges, quand tout à coup les enfants commencent à sautiller et à gémir ! Nous entendons le guide derrière nous crier "courrez" ! Mais il est déjà trop tard ! De petites fourmis sont accrochées sur nos orteils et commencent à nous dévorer ! Nous courons sur quelques mètres jusqu'à ce que notre guide nous dise que nous pouvons nous arrêter ! Nous nous débarrassons ensuite des fourmis, alors que notre guide s'excuse, elles ont avancé plus vite que prévu, il pensait que nous les croiserions plus bas dans la jungle ! Par chance les piqûres sont nettement moins douloureuses que les hernanda sanchez de l'autre jour. Mais malgré tout nous passerons notre temps à sautiller de peur de nous refaire piquer ! J'avoue qu'à partir de cette instant déjà mon seuil de concentration est bien  descendu, je n'arrive plus à écouter notre guide, je passe mon temps à chasser des fourmis imaginaires de mes pieds...difficile donc de se concentrer!


Et ici des espèces de fourmis il y en a de toutes les sortent, il nous montre d'ailleurs une espère de fourmis qui est à l'origine des points de suture ! Il nous explique que dans le temps, les indigènes qui se blessaient cherchaient cette fourmis pour rapprocher les bords de la plaie, Effectivement quand elle mord, ces deux crochets restent plantés dans la peau, ils tombaient ensuite naturellement quand la plaie était cicatrisée ! J'avoue qu'en tant qu'infirmière "retraitée"  que je serais fascinée par cette explication !

Nous continuons sur le petit chemin, le tour fait presque deux kilomètres et notre guide passionné et passionnant s'arrête tout les deux mètres pour nous expliquer les utilités de chaque plante, de chaque arbre ! Je commence à m'inquiéter de notre progression lente et du temps qui passe, je crains vraiment de finir la visite avec la tombée de la nuit.


Mes craintes seront justifiées, nous entamons les derniers 500 mètres quand la nuit tombe, si notre guide n'est pas perturbé, je commence à me stresser, et je demande à Aurélien de dire à notre guide d'accélérer le mouvement ! Mais Aurélien ne veut pas être mal poli ! Et notre guide qui commence "Ah voilà, qu'est -ce que je vous avais dit ?" en éclairant une araignée ! J'ai tout juste eu le courage de prendre la photo pour documenter le blog ! Puis j'ai rangé le téléphone, et je me suis planquée derrière Aurélien, et là forcément nous commencons à croiser des petits ruisseaux, des toiles d'araignées.... j'ai des sueurs dans le dos et j'ai juste envie de prendre mes jambes à mon cou pour sortir de là ! J'avoue que tout cela est bien plus fort que moi, je n'arrive pas à me contrôler et franchement je la vis pas super bien cette fin de visite. Aurélien finira par expliquer que j'ai une peur maladive des araignées et que je me sens pas très bien. Notre guide compréhensif, arrêtera de s'arrêter toutes les 30 secondes, pour accélérer le pas. Je serais heureuse de retrouver la lumière du musée et je m'excuserais de l'avoir fait raccourcir la visite sur la fin.

A la sortie nous retrouvons Anita, qui nous reconduit chez elle, nous retrouvons Lucho pour lui raconter nos péripéties et mes frayeurs dans le "jardin" botanique de Puyo ! Il n'en reviendra pas que nous y soyons allés en tongs ! Mes peurs sont déjà dissipées et nous passerons la soirée à rigoler de cette visite que nous n'oublierons jamais !


31/10/2018


Le lendemain nous partons direction Misahualli, Lucho qui connaît très bien la région et les activités proposées là-bas nous y emmène. Alors que nous allons partir les enfants tombent sur un drôle de milles-pattes, nous apprenons grâce à Lucho que lorsque ce mille-pattes est stressé il sécrètent de la bétadine, il nous le montre en le stimulant et nous serons impressionné de retrouver l'odeur si caractéristique de la bétadine ainsi que sa couleur orangée qui tâche ! il nous explique que les indiens l'utilisent pour soigner les blessures dans la jungle.


Kynan est fasciné par le mille-pattes et il refuse de s'en séparer ! Il dit déjà à Anita que c'est son nouvel animal de compagnie ! Et il n'en démord pas ! tellement que nous serons obligés de l'emmener avec nous direction Missahualli ! Nous montons tous dans le pick-up de Lucho direction la jungle pour de nouvelles aventures mémorables !



Lucho a prévu de nous faire visiter des grottes, Après 1 heure et demi de route, nous arrivons devant les grottes qu'il connaît bien mais malheureusement elles sont fermées aujourd'hui. Les responsables nous proposent de continuer la route vers d'autres grottes un peu plus loin. Nous poursuivons donc la route sur quelques kilomètres pour arriver aux autres grottes : Nous sommes accueillis par un jeune homme, qui nous propose deux parcours soit un parcours aventure où nous aurons de l'eau jusqu'à la taille, ou alors un parcours plus soft seulement dans la forêt. Les enfants rêvent d'aller dans une grottes, nous optons donc pour le parcours aventure ! Nous sommes là pour ça en même temps, non ?


Vu que nous allons être mouillé, il nous propose de mettre des habits résistants à l'eau et des maillots de bain, nous les avions prévu avec les explications de Lucho, et nous effilons donc même nos chaussures de plages pour pouvoir marcher sur les cailloux glissants. Nous avions aussi prévu une lampe frontale, le guide aura la sienne et Lucho est équipé d'une casquette -lampe frontale ingénieuse !



La visite commence par une balade dans la forêt jusqu'à l'entrée des grottes, je suis un peu inquiète, je demande à Lucho si c'est risqué et si le niveau d'eau ne risque pas de monter si il pleut ? Il m'explique que même si il y a une averse tropicale, comme tout les jours ici, l'eau en sous-sol ne monte pas ! Il faut dire que dans l'actualité nous avons vu l'expérience de l'équipe de football coincée dans des grottes en Asie et je n'ai pas envie de faire les titres des prochains faits divers ! Mes angoisses ont le dont de faire sourire Lucho, il doit pensé que je vois les scénario catastrophe partout ! J'aimerais bien avoir le même coté zen que lui ! Mais je crois que je souffre d'une déformation professionnelle.


Nous voilà enfin à l'entrée de la caverne, une petite échelle de bois à moitié pourrie par l'eau et l'humidité nous attends ! Kynan est déjà beaucoup moins rassuré à l'idée de descendre par là, Le guide commence par descendre suivit par Aurélien, Liloane et enfin Titouane, alors que je m’apprête à descendre à mon tour, on entend le guide crier "mierda !" avec un petit plouf ! Aurélien lui demande si tout va bien et il répond : "elle est tombée, ma lampe dans l'eau !" bien bien, rassurant ! Déjà que nous n'avions que 3 lampes.... Le guide décide de retourner à l'entrée, et de revenir avec d'autres lampes. Nous patientons donc ! Je dis à Lucho que cela ne me rassure pas vraiment, mais lui reste confiant ! J'entends alors les enfants crier au fond du trou : " Il y a d'énorme araignées !" Ah super je sens encore que cette expérience va mettre mes nerfs à rude épreuve ! Lucho me dit que les araignées vivent seulement à l'entrée, qu'il n'y en a pas à l'intérieur... J'ai envie de le croire et je prends donc sur moi pour continuer cette folie ! Notre guide arrive, tout content avec plusieurs ... bougies !!! il n'a pas trouvé de lampe mais il a pris des cierges pour tout le monde ! Vraiment, si nous survivons à cette expérience.... nous mériterons notre titre d'aventurier de l'année ! Aurélien rigole en espérant qu'il ne fasse pas tomber les allumettes dans l'eau cette fois. Je rejoins Aurélien et les enfants dans le gouffre, nous entendons de l'eau couler, nous découvrons que nous allons longer un couloir avec à nos pieds dans un cours d'eau, le sol est glissant, les passages étroits, le guide nous promets d'arriver dans quelques mètres dans une salle plus large ! J'ai envie de dire vivement !  Il nous a dit que le parcours sous terre fait 1.5 km, je calcule en me disant 10 min par km... si tout va bien cette tortue ne durera que 15 min ?



Je scrute ma montre toutes les deux minutes, et j'essaie de ne pas trop regarder les murs de peur de voir des araignées ! Mais plus les minutes passent, moins j'ai l'impression que nous avançons, plus je deviens claustrophobe ! Je commence à hyperventiler, et j'essaie de me calmer ! je ne veux pas stresser les enfants, et leur faire peur ! Surtout que eux, contrairement à moi, ils ont l'air d'apprécier l'exploration souterraine ! Il faut dire, qu'il faut se faufiler dans le noir, on monte, on descend, on se tourd dans tout les sens et avec des cierges qu'elle galère ! la cire coule sur les doigts de Liloane qui arrête pas de dire ça brûle, ça brûle ! Et moi je m’impatiente Elle est où cette salle ? j'ai besoin d'un peu plus d'air pour me calmer.... Nous y arriverons après 15 min de progression lente... Mais autant dire que nous ne verrons pas vraiment l'espace ! La seule différence avec le tunnel c'est que nous pouvons écarter légèrement les bras de chaque côté ! Le guide nous explique qu'ici se trouve le baro, la terre primaire, elle a des vertus médicinales et elle aurait le pouvoir de rajeunir la peau ! Nous avons donc tous le droit de nous en badigeonner le visage ! Lucho ressemble alors à Shrek ce qui fait beaucoup rire les enfants ! Je dois d'ailleurs vous avouer que si nous n'avions pas été avec Lucho je ne serais jamais descendue dans ce trou ! Et maintenant que nous avons trouvé le "grande salle" je me demande à quel moment nous allons avoir de l'eau jusqu'à la taille ? et surtout je me demande comment nous allons faire avec kynan, parce que si nous avons de l'eau jusqu'à la taille, lui il en aura jusque sous le nez !



Nous ne serons pas au bout de nos peines, si le début du parcours était facile la suite se complique avec des passages étroits et surtout haut de quelques centimètres dans lesquels nous nous retrouvons à ramper ! Sans jamais savoir si il est préférable d'y aller les pieds ou la tête en premier ! Tout cela en essayant de garder les bougies allumées ! Le guide nous prévient alors que nous allons arriver dans le passage avec beaucoup d'eau et vu qu'ici rien ne peut être facile, l'eau nous arrivera à la taille effectivement, mais à la taille en progressant à quatre pattes dans un tunnel noir ! Donc vous vous doutez bien que si l'eau nous arrive à la taille, elle nous arrive à l'épaule aussi ! Aurélien décide de prendre kynan sur son dos, alors que Liloane et Titouane vont progresser gentiment en marchant repliés au maximum pour ne pas se cogner et garder la tête hors de l'eau ! A ce moment là je vous avoue que je me dis que c'est de la folie, que c'est limite inconscient, que nous avons été débiles de nous aventurer là dedans, mes ruminations me permettent au moins de trouver le temps moins long dans cette progression périlleuse ! j'ai bien vite oublié les araignées, et je me réjouis juste de sortir de là ! Autant vous dire aussi que je ne vous recommande pas du tout cette visite ! Nous finirons par arriver devant un tunnel plus large qui monte à une salle où le guide nous invite à nous asseoir sur des bancs naturels formés dans la roche. Je suis presque soulagée, les enfants repèrent des araignées et si elles sont là c'est que la sortie n'est plus très loin ! Déjà 45 minutes que nous progressons sous terre et j'ai juste envie de retrouver l'air libre ! Notre guide nous invite alors à nous plonger 5 minutes dans le noir ici, en éteignant les cierges, les lampes et appareils photos, pour pouvoir ressentir les profondeurs de la terre et entendre les chauve-souris ! Parfait ! dans le noir, avec des araignées, à écouter des chauves-souris ! Je me demande vraiment si je vais survivre à ces deux jours d'expéditions dans la jungle avec Lucho !


Autant vous dire que personnellement je rumine tellement dans ma tête que j'aurais pas entendu de chauve-souris, les enfants n'ont pas l'air le moins du monde stressés par cette expérience, j'aimerais tellement avoir leur insouciance dans ces conditions !


Nous rallumerons nos bougies avec la seule allumette que le guide à emmené ! Et après un dernier tunnel, les pieds au sec cette fois nous voilà de nouveau à l'air libre ! J'ai l'impression de finir un semi-marathon tellement ce trop plein d'émotions et de stress m'a ébranlé, j'ai la gorge nouée et les jambes qui tremblent ! Et maintenant que nous sommes tous dehors, les langues se délient, Aurélien avoue à Lucho qu'il était pas tranquille, Titouane avoue aussi que lors de certains passages il n'était pas rassuré ! Kynan lui il veut refaire un tour ! Alors que Lilo elle n'a pas eu peur ! Autant dire que c'est déjà beaucoup trop d'émotion dans une matinée pour moi, nous ne risquons pas de m'y reprendre !

Nous avons mérité notre titre d'aventurier de l'Amazonie, nous avons découvert les entrailles de la terre, et nous avons de drôle de tête avec le baro vert amazonien sur nos têtes !


Notre guide nous conduit alors à une source d'eau pour que nous puissions profiter d' une douche bien méritée avant de repartir direction Misahualli.


Une fois propre, nous repartons direction la voiture, nous enfilons des vêtements chaud pour nous réchauffer, même si il ne fait pas froid, ici avec l'humidité nous avons une sensation de température plus basse que la réalité. Puis nous irons reprendre des forces en mangeant au restaurant avant de prendre la route pour Misahualli ou nous arriverons en fin d'après-midi. Lucho nous conduit alors vers l'arbre le plus haut de la forêt, qui se trouve à quelques kilomètres de la ville. La base de l'arbre est impressionnante ! Nous finirons la journée par une balade dans les rues de Misahualli, sur les toits nous observons quelques singes courir et voler de la nourriture ! Nous mangerons dans un restaurant avant de retourner dans le petit hôtel ou nous allons passer la nuit. C'est un petit complexe de cabanes en bois, avec une piscine, nous y ferons un petit plongeons juste avant sa fermeture, plus pour l’expérience de se baigner de nuit que pas réel envie d'une petit bain ! En rentrant à nos petites maisons, nous découvrons qu'une mygale dort sur un poutre de la toiture du chalet voisin, je commence vraiment à me dire que l'Amazonie ce n'est pas pour moi, je ne pourrais pas vivre ici avec des mygales dans les toitures ! Et Lucho a beau me dire que si je ne vais pas les déranger elles ne me feront rien, j'ai déjà l'impression que je n'arriverais pas a fermer l’œil de la nuit !

1/11/2018


Au réveil les enfants jouent sur la terrasse, pendant que nous rangeons les affaires, nous irons ensuite déjeuner en ville avec Lucho avant de partir en bateau le long du rio Napo, direction deux communautés indigènes que nous allons visiter.



Dans la première communauté, nous découvrons d'abord les plantes médicinales utilisées ici par les habitants pour se soigner, puis les outils et pièges qui leur servent pour pêcher ou chasser. De petit tamarin vivent en liberté ce qui amusent beaucoup les enfants, nous nous essayerons aussi au maniement de la sarbacane. Nous ferons volontairement très peu de photo, nous n'avons pas vraiment envie de nous comporter ici comme si nous visitions un zoo, nous préférons profiter des explications et vivre l'instant.


Nous reprenons ensuite le bateau, pour nous rendre dans la deuxième communauté, ici nous nous rendons compte que le tourisme est plus développé, chaque membre de la communauté porte une tenue de fête, chacun à son rôle, de la danse à la démonstration... Nous sommes un peu mal à l'aise par rapport à cela, nous aimons les relations franches, les rencontres authentiques... Ici nous n'avons pas l'impression que les choses sont naturels et ces représentations mêmes si elle sont intéressantes ne correspondent pas à ce que nous voulions vivre. Lucho, qui a en fait travaillé à la construction de l'hôtel dans lequel nous avons dormi, nous a expliqué qu'il y a quelques années, Misahualli était la destination tendance pour visiter l'Amazonie, des touristes arrivaient par milliers ici, et les hôtels , lodges , éco-lodges ont poussé comme des petits pains ! Avec ce succès, le village a perdu son authenticité, la culture est devenue un spectacle... Nous comprenons maintenant pourquoi Lucho nous a emmener ici, nous découvrons ici la face cachée du tourisme voyeuriste des indigènes... Il nous explique qu'aujourd'hui, il y a très peu de communautés authentiques qui vivent isolées et de manière traditionnelle. Dans le village que nous visitons aujourd'hui, nous comprenons que presque plus personne n'y vit, les gens arrivent le matin par bateau pour donner vie à cette communauté.


Nous apprécierons de découvrir la fabrication traditionnel de la chicha, cet alcool fermenté à base de manioc, que nous pourrons déguster. Un groupe d'enfants viendra ensuite nous inviter à une danse traditionnelle. Puis nous visiterons un zoo, dans lequel nous verrons un singe, une tortue et un énorme boa.


Du zoo, nous retiendrons la rencontre avec ce magnifique Toucan qui vit en liberté dans le village.


Nous repartons au village en bateau, Lucho voyant des membres de la communauté qui attendent un bateau, leur propose de monter avec nous. Nous voyons dans leur regard qu'il sont surpris et gênés. Ils ne doivent pas avoir l'habitude que des touristes les invitent à partager gratuitement leur bateau. Ici il y a un drôle de rapport avec ce qui se payent, comme une photo avec un membre de la communauté. Lucho nous avait prévenu que en ville les photos étaient payantes, mais pas dans les communautés que nous allions visiter puisque nous payons déjà pour les visiter nous pouvions donc prendre des photos. Mais c'est assez étrange, et nous sommes particulièrement mal à l'aise à l'idée de prendre les gens comme des bêtes de cirque.


De retour sur la place un jeune homme, qui tient un serpent dans ces bras, est le centre de toutes les attentions. Bien sûr une photo avec le serpent se paye mais Kynan A les yeux qui brillent ! Il rêve jour et nuit de serpent ! Ce qui m’intrigue c'est une communauté indigène sur la plage dont les enfants sont aussi fascinés que Kynan part le serpent. Lucho m'explique qu'il y a dix ans, cette communauté n'avait quasiment aucun contact avec la civilisation... Aujourd'hui elle se promène en ville et réclame aux touristes qui les prennent en photos de l'argent. Finalement nous accepterons de payer quelques photos pour que les enfants puissent avoir autour de leur cou un serpent! Lucho nous explique que le tourisme de l'amazonie rend les relations compliquées, et qu'il faut aller loin en Amazonie pour trouver une communauté qui vit encore de manière authentique et préservée.

Nous serons quand même heureux de cette visite, qui nous ouvre les yeux sur la réalité du monde, du tourisme et de ce que nous avons envie de faire ou ne pas faire. Et nous sommes vraiment K.O et nous tomberons tous dans les bras de morphée alors que Lucho nous conduit à Puyo.




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