• Yvette

Immersion à Puyo, aux portes de l'Amazonie


Immersion dans la famille de Fransisco et Nancy


Nous sommes arrivés à la nuit tombée à destination, avons été très chaleureusement reçu dans la maison de Lucho et Anita, ils nous ont préparé une chambre pour que nous puissions dormir dans leur maison. Nous avons profité d'une soirée mémorable de retrouvaille.

20/10 Nous nous réveillons dans le petit paradis que Lucho à construit, une maison en bois, sur pilotis au milieu de la végétation, les poules d'Anita se promènent de tout les côtés... Ici ce n'est pas loin de la maison du bonheur, en tout cas elle ressemble beaucoup à notre définition de la maison rêvée. Et ce n'est les enfants qui diront le contraire. Flora, la fille de Francisco, ces deux cousins arrivés aussi dans la soirée avec leurs parents, et nos enfants commencent une partie de pêche dans les petits bassins aménagés par Lucho. Kynan a ressorti avec joie sa petite canne à pêche bolivienne (un bout de carton, du fil de pêche et un petit hameçon). Ils ont déterré quelques vers de terre et Ils pêchent déjà  de petit tilapia et nous ne les entendons pas ! Ils sont tellement heureux ici, pour eux aussi, c'est comme un petit paradis.

Pendant que les enfants pêchent, nous aidons Anita a préparer l'immense tablée du petit déjeuner. L'ambiance familiale ici est chaleureuse, on partage ce moment de convivialité, heureux d'être accueillis ici comme si nous faisions partie de la famille. Cette tablée me rappelle celle que ma maman préparait quand j'étais petite et que nous recevions mes tantes et leurs enfants pour les vacances. Une atmosphère tellement agréable et détendue. Nous sentons avec émotion la pression des dernières semaines redescendre et nous nous laissons chouchouter par Anita qui est aux petits soins avec nous.

Francisco nous propose ensuite de nous emmener visiter les terrains sur lesquels son frère à construit sa maison, et le sien juste à côté sur lequel il rêve de construire la sienne pour venir passer des vacances dans son pays avec toute sa famille.



Ils nous équipent d'une belle paire de botte et Lucho plaisante en disant qu'on prend des risques de partir avec son frère "le gringo" pour explorer les environs. Le grand frère charrie son petit frère qui a perdu les habitudes de la jungle en vivant en Europe depuis toutes ces années, on ne sait pas trop ce qui nous attend! Ce qui est certain c'est que Francisco laisse Lucho aiguiser sur une grosse pierre, à l'aide de sa main et d'un peu d'eau, la machette.... Le geste est maîtrisé et déjà là nous sommes impressionnés.



Francisco nous explique les différentes plantes que nous trouvons sur le terrain, certaines plantes servent toujours à l'artisanat et à la création de panier. Il nous montre qu'un arbre à une sève rouge comme le sang et que cette sève à des vertus médicinales, il nous trouve une calebasse de cacao qu'il nous ouvre à l'aide de la machette. La fève est entourée d'une chaire savoureuse qu'il nous fait découvrir, sucrée et acidulée c'est le bonbon de l'Amazonie, nous serions tentés de tout manger mais Francisco nous prévient déjà qu'on risque une bonne courante, la chair ayant un effet accélérateur naturel sur le transit intestinal.

Sur quelques hectares de terre il y a tout ce qu'il faut pour vivre, des fruits, des plantes, nous déterrerons aussi notre premier manioc , et de l'eau... Nous sommes émerveillés par cette nature luxuriante, c'est clairement un petit paradis et on doit le dire exactement ce qui nous ferait rêver!


Nous finissons par retrouver les enfants qui sont au milieu des poules d'Anita, ils cherchent les œufs frais de tout les côtés. Juste derrière le poulailler se trouve un champs de cannes à sucre, Francisco taille quelques branches pour les enfants, qu'il découpe ensuite en bâtonnets ce sont de vrai bonbons sucrés dont les enfants raffolent.

Nous retrouvons Anita qui s'affaire en cuisine, aujourd'hui ils préparent du tilapia cuit au feu de bois dans des feuilles trouvées dans la jungle qui les entoure. C'est excellent et nous nous régalerons encore une fois tous réunis autour d'une grande tablée.

Le repas vite engloutis , les enfants sont déjà repartis à jouer dans le terrain, ils sont tout content de nous ramener des citrons qu'ils ont découvert dans la forêt, Liloane et Flora sont inséparables et elles passent leur temps en compagnie des poussins.

Ce soir nous devions fêter l'anniversaire de Lucho, mais un de leur frère est tombé gravement malade ces derniers jours, les festivités sont remise à plus tard...Mais l'orchestre qui devait être présent est quand même là et nous aurons droit à une soirée dansante aux rythmes de la musique équatorienne ! Une Grand moment, on découvre cette musique enivrante !

21/10 Aujourd'hui les hommes se sont levés tôt, au programme se rendre à la première heure au marché de Puyo pour trouver des cuy. Oui, vous savez cette spécialité des Andes, le cochon d'inde ! On avait voulu en goûter dans la région de la cordillère blanca au Pérou avec mon cousin, mais il n'y en avait plus. Ici nous n'allons pas seulement le manger nous allons le préparer ! Mais avant de le découvrir je vous laisse avec la belle photo de notre tablée de petit déjeuner ! Banane frie, pain brioché, et une infusion de plantes du jardin.

Nous attendrons le retour des hommes pour commencer tous ensemble le petit déjeuner, appréciant encore une fois ce moment de convivialité ! Puis je file en cuisine découvrir la préparation du cuy avec Anita - Attention âmes sensible s'abstenir - finalement si la préparation ressemblerait à celle d'un poulet ! La présence de la tête de ces pauvres bêtes.... nous rendrait végétariens ! Ici on apprend que c'est une viande appréciée, qu'un ami qui te prépare du cuy c'est un honneur et un signe de reconnaissance, c'est donc un menu de fête qui nous attend aujourd'hui. Pour les détails de la préparation culinaire, cela consiste à vider la bête, l'enduire d'une huile avec un mélange d'épices, puis de l'embrocher sur un gros pic de bois et de l'y ficeler fermement !

Les hommes se chargent ensuite de faire tourner l'animal au dessus du feu pendant près de deux heures jusqu'à ce qu'il soit parfaitement cuit le cuy. Pendant ce temps, Anita nous prépare des fourmis à grignoter ! Les enfants l'ignorent, on les laisse deviner ! et finalement Titouane le découvre, même avant son ami équatorien. Et si une fois qu'ils ont découvert que ce sont des fourmis , ils nous disent qu'ils n'en veulent plus... Nous les observerons venir rechercher régulièrement quelques poignées ! Bien fris et salés, ce sont les popcorn de l'Amazonie.

Pendant que les cuy continuent de cuire tranquillement, les hommes défont des épis de maïs pour une autre découverte culinaire, ce soir, Anita nous préparera des humitas, de sorte de petit gâteau de mais cuit dans des feuilles de maïs .

Il est 17h et les cuy sont prêts, présentés sur une salade avec des pommes de terres, nous sommes à la fois impatients et réticents à commencer la dégustation, Kynan est très perplexe. Et Aurélien avoue que d'avoir fait tourner ces pauvres bêtes pendant deux heures au dessus du feu ça lui a un peu coupé l'appétit ! Et puis le cuy finalement il n'y a pas beaucoup de viande , c'est comme manger des cuisses de grenouilles ou la carcasse du poulet, et ce n'est pas Aurélien qui a la patience pour ce genre de dégustation. Personnellement j'adore manger la carcasse du poulet, et ici le goût est quand même bien similaire, du coup je me régale, alors Aurélien finit par me donner sa part, et les enfants aussi ! Je ronge chaque petit os avec plaisir ! Vous trouverez ça bizarre probablement, mais mes tatas vous diraient : "ce sont ces gênes camerounais !"

En fin de journée, toute la famille est repartie, nous nous retrouvons avec Anita, Lucho, Francisco et Flora pour préparer les fameux humitas à la lueur d'un bois de la jungle qui fonctionne naturellement comme une bougie ! , Pour la préparation des humitas, nous commençons par moudre le maïs qui a cuit toute l'après midi dans l'eau sur le feu. Puis avec sa main Anita mélange le maïs moulu avec du fromage et du sel , elle enveloppe ensuite le mélange dans une feuille de maïs qui sera cuit au feu de bois. Nous dégusterons ces petits pains avant d'aller nous coucher, heureux après une magnifique journée de découverte culinaire !

22/10 Le lendemain, Francisco nous emmène à la découverte d'une communauté de l'autre côté du rio Puyo, nous nous serrons tous dans sa petite voiture de location. Il nous dit qu'on ne peut pas y aller avec banana qu'on comprendra là-bas. Nous traversons le village de Mera, puis quelques kilomètres après nous tournons sur la gauche, nous découvrons alors une longue et abrupte descente caillouteuse, effectivement il ne serait pas évident de passer par cette route avec banana !

Nous arrivons ensuite devant un immense pont suspendu ! Clairement banana aurait été trop lourd pour passer, c'est impressionnant? tout fait de tôle, nous le traversons avec un bruit de roulement qui fait écho dans la petite vallée. Nous nous arrêtons pour faire une pause au bord de l'eau et admirer la structure du pont.

Puis nous reprenons le chemin qui longue le rio, direction Cumanda, une petite communauté à l'entrée de laquelle un couple suisse à ouvert un petit restaurant/camping, ouvert le week-end, qui est généralement fréquenté par des habitants de Quito qui viennent y passer le week-end. Nous nous y rendons pour voir si il y a quelqu'un, nous sommes accueillit par l'un des propriétaire qui nous invite à faire le tour de sa propriété. Il nous explique les difficultés à la création d'une entreprise ici, ils ont commencé par un restaurant de fondue sur Quito, et ensuite ils ont eu un coup de cœur pour ce terrain mais ils ont beaucoup  de difficultés pour gérer le chantier ici.

Nous découvrons un magnifique parc, des aménagements fait avec goût et originalité au cœur d'une forêt luxuriante. Nous avions rendez-vous avec Lucho, qui travaille pour la commune de la communauté mais il est retenu. Nous décidons de rebrousser chemin jusqu'à Mera puis de revenir à la communauté dans l'après-midi. Nous reprenons le pont suspendu puis nous gravissons difficilement la côte, clairement soulagé de ne pas s'être embarqué ici avec Banana. Nous nous  rendons compte qu'on ne pourrait d'ailleurs pas recommander à des voyageurs de venir ici avec leur propre véhicule. Nous nous arrêtons devant un magnifique point de vue, à gauche Puyo à droite de l'autre côté de la rivière l'Amazonie, nous comprenons mieux pourquoi un slogan à l'entrée de la ville dit "Puyo, les portes de l'Amazonie". Nous mangerons dans un petit restaurant le menu typique, proposé dans les restaurants de la région, composé de chips de banana plantain, d'une viande en sauce et de gros grains de maïs blanc.

Après un bon repas, nous retournons direction la communauté où cette fois-ci Lucho nous attend pour nous embarquer dans son vieux camion Ford, nous montons avec les enfants dans la benne arrière pour partir à l'aventure direction la lisière de la jungle. Nous continuons ensuite à pied, en expédition avec notre guide. Nous marchons d'abord quelques kilomètres le long d'un chemin plus ou moins boueux, puis nous bifurquons sur la droite pour nous enfoncer dans la jungle, pas de chemin, on espère que Lucho sait où il nous emmène. La progression est lente et difficile, Lucho ouvre la voie avec sa machette.

En chemin, il nous donnera quelques techniques de survie et notamment comment boire de l'eau des bambous. Nous traversons une rivière, puis nous arrivons dans une clairière... des herbes hautes jusqu'aux genoux, on se demande quels animaux peuvent se tapir ici... Le lieu est magique, à moins d'une heure de Puyo, une clairière au milieu de l'Amazonie. Aurélien a déjà les yeux qui s'illuminent, Lucho nous dit que ce terrain est a vendre. Nous commençons déjà a imaginer un ecolodge ici, nous entendons l'eau de la rivière, les bruits de la jungle, aucune pollution sonore, nous imaginons bien aussi qu'il n'y aurait ici aucune pollution lumineuse la nuit. Nous n'arrêterons pas d'y penser sur le chemin du retour ! et si notre paradis était ici ?


Aurélien et moi, repartons avec les enfants dans le vieux Ford, laissant Lucho et Francisco revenir à pied jusqu'à la communauté. Aurélien n'est pas habitué à conduire de vieille voitures il lui faudra quelques minutes pour le prendre en main et s'habituer à l'absence de direction assistée.

Les enfants profiterons ensuite de la fin de l'après-midi pour se baigner dans le rio, j'avoue que l'idée du lodge dans la jungle est tentante, mais la cabane en bois sur pilotis au bord de cette rivière me conviendrait également !

Voilà vous l'aurez compris, malgré une mauvaise entrée en matière en Équateur, après quelques heures en compagnie de Francisco dans cet environnement apaisant et en communion avec la nature, nous rêvons d'un nouveau projet ! Notre aventure finira-t-elle ici aux portes de l'Amazonie ?


Nous vous raconterons dans les prochains post la suite de nos découvertes ici.




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